[Article] Décryptage métier : agent de sécurité cynophile

L’agent cynophile effectue avec son chien, des rondes de surveillance pour sécuriser des sites jugés à risques. Un binôme complice et performant, dont l’exercice est très réglementé et la formation continue.

Chaque jour en France, environ 6 000 agents de sécurité cynophiles surveillent des lieux sensibles et les personnes s’y trouvant. Ils représentent seulement 3% du total des agents de sécurité dans le pays [1]. Un chiffre modeste pour représenter une fonction rare mais néanmoins indispensable au secteur de la sécurité privée.

Décryptage d’un métier passion, physique et très réglementé, qui ne doit pas être confondu avec celui de maître-chien de sauvetage ou encore de détection d’explosifs.

Nadia, agent de sécurité cynophile chez GORON S.A, accompagnée de son chien Tyson

Agent et chien, un duo persuasif  

Les agents cynophiles interviennent sur des sites, accueillant ou non du public et représentant par nature un risque sécuritaire : aéroports, gares, sites industriels, chantiers, parkings, stades, etc.

Dans ce contexte spécifique, la présence du chien permet une détection optimale des menaces. En effet, « doté de puissantes qualités visuelles, auditives et olfactives, le chien repère plus rapidement et plus précisément que l’homme la présence d’anomalies », explique Jean-Luc Bernard , instructeur cynophile au sein du CFPS (Centre de Formation des Personnels de Sécurité) de Morangis, en Île-de-France. Par ailleurs, le chien a un impact psychologique important : sa présence a un véritable effet dissuasif sur de potentiels individus malveillants.

L’agent cynophile a avant tout un rôle préventif. Accompagné de son chien, il effectue des rondes de surveillance pour sécuriser le périmètre dont il a la charge. S’il détecte une anomalie – alerté par l’attitude du chien – il avertit immédiatement sa hiérarchie avec laquelle il travaille en étroite collaboration.

Dans certains cas exceptionnels de mise en danger directe de soi-même ou d’autrui, l’agent cynophile est amené à intervenir. En fonction de la nature du danger, le chien est dressé à deux types d’intervention pour neutraliser l’individu malveillant :

  • Soit le chien muselé percute l’individu pour le repousser

  • Soit, dans la situation où l’individu malveillant menace directement la vie de l’agent ou celle d’un tiers avec une arme (pistolet, batte, etc.), le chien sans sa muselière peut être amené à neutraliser l’individu (dans le script respect de la légitime défense).

Un métier réglementé, une formation poussée et constante

Pour obtenir le droit d’exercer, l’agent de sécurité cynophile doit détenir une carte professionnelle délivrée par le CNAPS. Il doit également passer le CQP ASC ou le CP ACS. Ces certifications sont délivrées à la suite d’une formation de 3 mois suivie dans un centre spécialisé.

Cette formation se base sur des enseignements théoriques et sur une importante partie pratique composée d’exercices d’obéissance, de socialisation, de défense du maître et de détection d’anomalies. Un entraînement indispensable qui permet notamment de tisser des liens forts entre l’homme et l’animal. « Le maître doit être à même de lire son chien » explique Jean Claude Broche, directeur du CFPS de Morangis. « Si la confiance et la cohésion sont au rendez-vous, le binôme n’en sera que plus fort et plus efficace » précise-t-il.

Depuis le 1er janvier 2016[2], le binôme homme-chien est soumis à un test d’évaluation annuel réalisé sous la direction et le contrôle d’un spécialiste. Il incombe par ailleurs à l’employeur de veiller au maintien régulier des compétences de l’équipe cynophile.

L’exercice de l’agent est également soumis à la détention d’une carte d’identification du chien au nom de son maître et d’un carnet de vaccination à jour.

Une sélection rigoureuse

Beaucoup d’appelés pour peu d’élus. Le métier d’agent cynophile fait l’objet d’une stricte sélection.

D’abord, prérequis indispensable : le futur agent doit arriver en formation avec son propre chien. Aucun animal n’est fourni par les sociétés de sécurité privée.

Ce chien doit être âgé au minimum de 12 mois pour être formé et de 18 pour exercer. Seules certaines races sont autorisées à l’exercice, les plus communes étant : berger allemand, berger belge malinois et rottweiler (liste éditée par la société centrale canine et la FCI)[3]. Le chien doit impérativement présenter des traits de caractère permettant un dressage optimal : « il doit détenir des aptitudes naturelles telles que le courage, la capacité de socialisation et avoir des qualités d’écoute et d’obéissance importantes », détaille Jean-Luc Bernard .

Malgré tout, certains duos ne pourront pas exercer explique Jean-Claude Broche : « il arrive que des chiens soient excellents mais leur maître non, et inversement. Le maître et le chien doivent tous deux être disposés au métier, sans quoi le binôme ne fonctionne pas. »

Un métier passion

Être agent de sécurité cynophile, c’est aussi exercer un métier passion. « Aimer les bêtes est une condition sine qua none », affirme Nadia Z., agent cynophile chez GORON S.A.

Il y a trois ans, alors qu’elle vient d’acquérir Tyson, un berger belge malinois, elle quitte son poste d’assistante de direction pour suivre la formation d’agent cynophile de sécurité (CP ACS). Ce qui l’a poussée à prendre cette décision ? Pratiquer un métier en complicité avec son chien au quotidien. Aujourd’hui et après une formation menée avec succès, le binôme effectue des rondes de surveillance sur un parking en Île-de-France. Nadia emmène par ailleurs son chien deux fois par semaine au centre de formation pour perfectionner leurs compétences.

Dans le contexte actuel d’accroissement des menaces qui pèsent sur les entreprises et la société civile, les agents de sécurité cynophiles constituent une réponse efficace en matière de prévention et de sûreté. C’est pourquoi la société GORON dispose depuis plusieurs années, d’un département spécialisé en sécurité cynophile. Les binômes agents-chiens sont issus des meilleures formations et suivent des entraînements réguliers pour entretenir et approfondir leur impact dissuasif.

 

[1] Enquête de branche Prévention-Sécurité – Données 2015

[2] ACCORD DU 5 MAI 2015 RELATIF AUX CONDITIONS D’EMPLOI D’AGENT DE SÉCURITÉ CYNOPHILE : http://www.journal-officiel.gouv.fr/publications/bocc/pdf/2015/0026/boc_20150026_0000_0015.pdf

[3]http://www.scc.asso.fr/Races-autorisees-au-mordant